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A L’AFFICHE : «INDEPENDENCE DAY : RESURGENCE»

         
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«INDEPENDENCE DAY : RESURGENCE»


sortie : 20 juillet.

Ça y est, ils sont revenus ! Qui ? Les Aliens très très méchants du premier film, pardi, qui se sont fait beaucoup attendre : vingt ans déjà. Ce qu’ils veulent? Détruire la Terre, pardi. Avec des moyens beaucoup plus considérables. Seulement les humains ont eux aussi fait des progrès dans l’armement. À l’évidence, ça va chauffer.
Une seule question : est-ce que ça en vaut la peine ? À première vue, oui, grâce à tous ces effets qui vous en mettent plein les rétines dès les premières séquences, où l’on survole une radieuse ville futuristes parcourus d’engins volants de toutes sortes aussi légers que des libellules. Nous sommes bien en 2016, pourtant. Mais un 2016 qui a bénéficié de toute la technologie alien récupérée dans le vaisseau abattu vingt ans plus tôt. La création de ce futur/présent parallèle est la bonne idée du film : les Aliens peuvent revenir, on a de quoi, maintenant, les combattre efficacement avec leurs propres armes. Sauf que pas tout à fait. Car le nouveau vaisseau rempli de cafards galactiques (bon, ils ressemblent plutôt à des calamars grouillants de tentacules…) ne mesure plus 50 kilomètres de diamètre mais 5000. De quoi couvrir de son ombre gigantesque tout un continent. Le voir racler la Lune comme une râpe à fromage, puis fondre sur notre planète qu’il pèle littéralement sur son ère en y atterrissant dans un torrent de poussières incandescentes, réduisant les villes en miettes (pauvre Tower Bridge, pauvre Big Ben !), soulevant des tsunamis, broyant des montagnes, cela fait son petit effet (numérique), au point de - presque - nous faire oublier qu’Emmerich, qui n’aime rien tant que tout détruire devant sa caméra, nous avait déjà fait le coup avec «2012». Mais on marche. Comme on marche quand les chasseurs terriens se heurtent aux engins adverses, remplissant de ciel de milliers de moucherons véloces, ou lorsque la base lunaire, à côté de laquelle celle de Kubrick ressemblerait à un jeu de mécano, est pulvérisée par un rayon vert, ou quand… etc. Ceci posé, on peut oser une seconde question : est-ce suffisant ? Pas vraiment. Car, malgré les moyens employés, malgré la perfection du rendu filmique, cette résurgence, dans ses grandes et petites lignes, ressemble tout de même beaucoup à la première version : on se bat, on croit que c’est foutu, on gagne quand même à la fin. Avec zéro mort visible (désormais norme indépassable des blockbusters) alors que les cataclysmes suggérés ont dû tuer des millions de personnes. La dernière partie du film, où la gigantesque Reine, sœur surdimentionnée de celle de l’Aliens de James Cameron, surgit de son vaisseau détruit en agitant ses tentacules pour entamer un petite course dans le désert à la poursuite d’un bus où ont prit place plusieurs des héros de l’histoire, frôle même le ridicule : Tarantula était autrement impressionnante. Certes on a plaisir à retrouver Jeff Golblum en Léo Trouvetout, à la rigueur revoir Bill Pulmann en président bien diminué, mais on reste plus perplexe concernant la présence de Charlotte Gainsbourg dans un rôle potiche de scientifique aussi anodin qu’improbable. Quant à Will Smith, il a déclaré forfait, ne voulant plus en entendre parler de science-fiction, les derniers films du genre où il apparaissait s’étant ramassés. Mais l’humain, dans ce déferlement, a bien peu d’importance, réduit à des silhouettes. Alors, sans gâcher son plaisir du premier degré, autant se laisser aller à un délassement sans conséquence, comme l’été cinéphilique nous en offre à foisons. En soufflant à Roland Emmerich : peut mieux faire.

Jean-Pierre Andrevon
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Date: 20.07.2016 16:26
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Postée par: Alain


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