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Hommage à Herbert Lom (voir ci-dessous) Hommage à Herbert Lom (voir ci-dessous)

Hommage à Herbert Lom (voir ci-dessous)

         
Description: HERBERT LOM
La disparition d’un Fregoli de légende





C'est paisiblement, dans son sommeil londonien, que s'en est allé discrètement le 27 septembre dernier Herbert Lom, l'une des dernières grandes figures marquantes du cinéma du 20e siècle, quelques jours après avoir fêté ses 95 ans. Né le 11 septembre 1917 en République Tchèque, de son vrai nom Herbert Charles Angelo Kuchacevich ze Schluderpacheru, celui qui demeure dans toutes les mémoires comme le névrosé souffre-douleur attitré de Peter Sellers au fil de plusieurs épisodes des aventures de l'inspecteur Clouseau aura tourné dans plus de cent films entre 1937 et 2004, des studios tchèques de ses débuts à Hollywood, en passant par les plateaux de la Hammer. Son physique reconnaissable dominé par une voix merveilleusement ténébreuse lui aura permis de tout jouer en matière d'exotisme. Et les patronymes de ses personnages à l'écran témoignent tout comme les titres de ses films de ses capacités de caméléon virtuose : général Huerta (Pancho Villa), Shahbandar (Un hold up extraordinaire), Gino Rossi (Train d'Enfer), Orsini (Les Racines du Ciel), Anthemus (La Rose Noire), Narbonne (L'Etoile des Indes), Karl Theodor (Secret d'Etat), Yaskov (Jeux d'Espion), Ben Yussuf (Le Cid) ou Mondrago dans un épisode de «Hawaï Police d'Etat».

MEGALOMANE MALGRE LUI

Éclectique, il est en effet de toutes les patries comme de toutes les décades, changeant de costumes, d'époque ou d'accents à volonté ou presque. Personnifier l'autorité demeure sa marque de fabrique, de Napoléon (qu'il campe à ses débuts anglais dans le Young Mr Pitt de Carol Reed, puis dans Guerre et Paix de King Vidor et de nouveau sur les planches à Londres en 1975) à toute une galerie de militaires plus ou moins gradés, en passant par des policiers ou de très crédibles praticiens. Aussi à l'aise dans un double rôle de jumeaux trapézistes assassins dans Double Alibi (1948) qu'en adversaire fripouille de Richard Widmark dans Les Forbans de la Nuit, perle noire de Jules Dassin, il a la suavité nécessaire pour tromper tout son monde et ce vernis aristocratique policé d'un James Mason qui lui donnera d'ailleurs la réplique dans Le Septième Voile. Auquel il succède du reste avec bonheur dans le rôle emblématique du capitaine Nemo, embarquant les cheveux blanchis pour l'occasion à bord du Nautilus vers L'Ile Mystérieuse, dirigé par Cy Enfield (effets spéciaux de Ray Harryhausen et musique de Bernard Hermann). Sa composition est mémorable en «homme qui voulait la concorde entre les hommes» pour reprendre l'éloge funèbre que prononce l'un de ses compagnons d'aventure après qu'il se soit sacrifié pour sauver ceux qu'il avait recueillis à bord de son sous-marin. Il a cette particularité et pour tout dire ce talent de savoir aussi se montrer obséquieux ou onctueux à loisir, faussement servile à l'occasion, donnant corps à des personnages naviguant entre deux eaux, très à l'aise dans les périodes troublées ou dans des atmosphère confinées, si expressif du regard au moindre gros plan. Il est ainsi remarquable face à Curt Jurgens dans L'Homme des Fusées Secrètes de Jack Lee Thompson (1960), biopic retraçant la vie de l'inventeur des V2 pour les nazis et récupéré sans vergogne par les Etats-Unis à la fin du conflit mondial pour lancer le programme spatial américain. Un réalisateur qui fait de nouveau appel à lui en 1965 pour donner la réplique à Maximilian Schell, dans Le Démon est mauvais joueur, thriller en noir et blanc bien oppressant avec Samantha Eggar et Ingrid Thulin. Les coproductions internationales faisant florès à l'époque, il franchit le Rhin et les siècles en 1967 pour camper le grandiose Etzel, roi barbare des Huns dans la suite épique des Nibelungen, La Vengeance de Siegfried, livre d'images que met en scène Harald Reinl et dans lequel il a pour partenaire Terence Hill.

LE PREMIER DES SECONDS ROLES

A défaut d'apparaître systématiquement en vedette au générique, il saura très tôt cultiver l'art de tirer son épingle du jeu quand il doit se contenter d'un second rôle, comme dans Tueurs pour Dames, classique de l'humour noir anglais, où il est associé à Alec Guiness et Peter Sellers ou dans le Spartacus de Kubrick et sa pléiade de stars emmenée par Kirk Douglas et Laurence Olivier. Film historique ou science-fiction, aucun genre ne le rebute bien au contraire, apparaissant au détour de Danger Planète Inconnue de Robert Parrish (1969) écrit par les inventeurs des «Sentinelles de l'Air» (Gerry et Sylvia Anderson) avec Roy «Les Envahisseurs» Thinnes. Sans vouloir se cantonner à l'horreur, il y revient souvent pour notre plus grand plaisir, succédant à George Sanders dans le rôle de Lord Henry Wotton (l'ami du peintre Basil Hallward qui l'introduit auprès de Dorian Gray) dans cette version teintée d'érotisme de Massimo Dallamano où l'acteur fétiche de Visconti Helmut Berger incarne un Dépravé - Dorian Gray (1970). L'année suivante, Gordon Hessler le convoque pour Murders in the rue Morgue d'après Edgar Poe, lui offrant un rôle de démon masqué autrement plus pernicieux que dans le Fantôme de l'Opéra, terrorisant un Paris de French Cancan où le poursuivent Jason Robards et Adolfo Celi. Michael Amstrong lui confie ensuite le rôle principal dans La Marque du Diable (1971) où il a pour disciple Udo Kier, dans une ambiance malsaine à souhait, les tortures les plus terrifiantes se succédant à l'écran, une victime de cette chasse aux sorcières s'y faisant arracher la langue sans ménagement. Pour mesurer sa stature, il suffit en définitive de regarder en compagnie de quels acteurs il figure parmi les Dix Petits Nègres d'après Agatha Christie : Gert Fröbe, Oliver Reed, Richard Attenborough et Charles Azanavour, guest star de luxe parmi d'autres «pointures» de renom.

UN SINGULIER FANTOME DE L'OPERA

Il lui arrivera cependant d'avoir le rôle-titre même si les producteurs le sollicitent après avoir du essuyer plusieurs refus. Quand Cary Grant puis Christopher Lee abandonnent le projet du Fantôme de l'Opéra, c'est lui qui est retenu pour emmener la troupe de cette production de prestige de la Hammer signée Terence Fisher. Avec un budget conséquent de 180.000 livres et deux mois de tournage (notamment à Covent Garden), le scénario transfère l'action de Paris à Londres où le véritable méchant du film n'est pas le Fantôme mais le directeur de l'opéra joué par Michael Gough qui a spolié Lom de son travail artistique et règne en tyran sur sa salle de spectacle. Terence Fisher souhaitait faire du sujet un drame lyrique, insistant sur le désarroi d'un artiste de génie floué, doublé d'un amoureux transi. Aux dires d'Herbert Lom, il n'avait jamais vu le travail de ses prédécesseurs dans le rôle et l'aborda donc avec son professionnalisme coutumier, supposant qu'il s'agissait «d'une histoire de musicien fou se livrant à des rites à la Dracula dans sa crypte». Réduites à quelques scènes, ses apparitions sont aux antipodes des compositions de ses prédécesseurs (Lon Chaney Jr et Claude Rains) puisque contrairement à la tradition, son Fantôme arrache lui-même son masque à la fin du film, se sacrifiant en se jetant sur la scène pour périr écrasé sous le fameux lustre. Déroutante, cette version sera considérée comme hors sujet par la Hammer qui remerciera même provisoirement Terence Fisher suite à ce flop commercial. Mais les hasards de sa filmographie ramèneront Herbert Lom à la Hammer pour le dernier long-métrage de la firme en 1979, interprétant un docteur de plus dans l’excellent remake de The Lady Vanishes d'Hitchcock, signé Anthony Page avec Angela Lansbury dans le rôle-titre et Cybill Shepherd en enquêtrice de charme aux côtés d’Elliott Gould.

SI BIEN DANS LE MAL, PAS SI MAL DANS LE BIEN

A défaut d'avoir affronté Dracula sous l'égide de la Hammer, Herbert Lom est retenu par Jesus Franco en 1970 pour combattre le prince des vampires campé une fois encore par Christopher Lee, portant cette fois moustache, dans une représentation fidèle sur ce point au roman de Stoker. Son Van Helsing est l’un des bons points de ces Nuits de Dracula où le rôle de Renfield est tenu par Klaus Kinski. A noter que le documentaire Cuadecuc, vampir (1971), de l’Espagnol Pere Portebella, curiosité en noir et blanc, faux making of des Nuits de Dracula, dédouble sa prestation sous un angle original. Il retrouve d'ailleurs Christopher Lee en 1974 dans Dark Places (Le manoir des fantasmes) aux côtés de Joan Collins et Jane Birkin, dans le rôle assez effacé d'un voisin campagnard des deux vedettes qui sont en quête d'un butin caché dans un manoir hanté. Après avoir fréquenté la Hammer, Herbert Lom passe chez le rival Amicus pour le plébiscité Asylum (1972) de Roy Ward Baker, Licorne d’Or du Festival International de Paris du Film Fantastique et de Science-Fiction en 1973, écrit par Robert Bloch et où voisinent Peter Cushing et Charlotte Rampling, le métrage étant, comme de coutume au sein de cette firme, un film à sketches. Herbert Lom survient le dernier, en savant fou interné dans l'asile psychiatrique qui sert de fil rouge au métrage, émule de Frankenstein fabriquant depuis sa chambre de petits robots articulés à visage humain, escomptant bien leur donner vie par la grâce de ses recherches sur le contrôle mental, dans une version modernisée des Poupées du Diable de Tod Browning. Il n'a là que quelques scènes mais il sait en tirer le meilleur profit. Qu'il présente ses découvertes à son visiteur avec une ferveur hallucinée ou qu'il envoie son double miniaturisé trucider le directeur de l'institution, son charisme est patent. On le retrouve de nouveau sous la houlette de Ward Baker dans l’original …And Now the Screaming Starts ! (1973), aux côtés de Peter Cushing et de Patrick Magee, Lom creusant son sillon dans le fantastique en compagnie des rois du genre mais au milieu des années 70, il commence déjà à ralentir la cadence, tournant tout au plus un ou deux films par an, pour s'adonner notamment au théâtre.
Cependant, son sens de l'autorité morale demeure intact quand il rejoint le casting du Dead Zone de David Cronenberg en psychiatre attitré de Christopher Walken, son patient ô combien tourmenté. On le revoit épisodiquement dans les années 80 et 90, mais toujours avec plaisir, comme adversaire de Richard Chamberlain dans Allan Quatermain et les Mines du Roi Salomon ou dans La Rivière de la Mort avec Donald Pleasence et Robert Vaughn, voire dans une nouvelle transposition des Dix Petits Nègres, devenus Dix Petits Indiens, avec derechef Donald Pleasence et Frank Stallone. Et ce, même si l'âge venant, les productions dans lesquelles il figure ressemblent de plus en plus à une réunion de sympathiques vieilles gloires (Oliver Reed, Robert Vaughn et Ernest Borgnine dans Skeleton Coast). Signalons encore avant une retraite bien méritée son rôle marquant dans une histoire satanique co-écrite par Dario Argento, La Secte (1991) signée Michele Soavi et un ultime clin d'œil à son compère Peter Sellers dans Le Fils de la Panthère Rose ; sa toute dernière apparition en 2004 se faisant sous l'égide d'Agatha Christie, en professeur soumis à la question par Miss Marple dans le téléfilm «Miss Parple – L’affaire Protheroe».
Amateur d'arts, auteur de deux ouvrages historiques, Herbert Lom aura également marqué de son empreinte la scène anglaise, créant à Londres le rôle-titre du «Roi et moi» dans la comédie musicale adaptée au cinéma avec Yul Brynner. Et si on ne devait retenir qu'une seule de ses citations, illustration de sa modestie parfaite, ce serait celle où il déclarait : «Vous savez, j'ai toujours fait de mon mieux, quelle que soit la qualité du film». Avec la touchante humanité d'un être pudiquement hanté par le souvenir de sa fiancée juive avec laquelle il avait fui Prague avant l'invasion nazie et qui sera refoulée à Douvres en l'absence de papiers en règle, puis déportée dans un camp de concentration où elle décèdera. Preuve que l'homme derrière Lom était aussi sensible et passionnant que l'artiste dont nous conserverons désormais le souvenir ému.

Sébastien Socias
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Date: 30.09.2012 19:36
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Postée par: Alain


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